Подготовка к экзамену по французскому языку "Читаем аутентичные тексты"
Подготовка к экзамену по французскому языку: \ЧИТАЕМ АУТЕНТИЧНЫЕ ТЕКСТЫ (для использования на уроке или на факультативных занятиях для учащихся старшей школы).
FRANCOISE SAGAN
“Pour remettre le phénomène à sa place il est à noter
qu’elle a écrit une vingtaine de romans, une dizaine de
pièces de théâtre, autant d'adaptations au cinéma, des textes de
chansons et même un ballet. Cela s'appelle une oeuvre. 30 millions
de livres vendus en France. Des traductions en 15 langues. Des
thèses qui s'écrivent sur elle dans les universités américaines.
Des écoliers russes qui apprennent le français dans ses livres. Des
clubs Sagan au Japon…”,
”Françoise Sagan, femme de cinéma, de théâtre, de
télévision, de ballets,”
“Sagan incarne la romancière “nouvelle vague”, “elle a
sauté dans la gloire, à 18 ans”- voilà des citations des
contemporains de Sagan sur son oeuvre.
Françoise Quoirez (Sagan) est née le 21 juin
1935 à Cajarc dans le Lot, où sa mère possédait des terres et des
moulins. Son père Pierre était industriel. Sagan se
souvenait: “ J'ai eu la chance d'avoir été élevée dans
une famille où l'humour était la règle, la morale. Cela ne se
faisait pas de trop parler de soi et je n'étais donc pas entourée
de trop d'admiration à la maison... Mes parents m'ont
protégée". Elle a eu une dizaine d'années
quand la famille a emménagé à Paris, dans les beaux quartiers
de la rive droite. C’est à dire elle a grandi dans le
quartier chic. Elle est entrée au couvent des Oiseaux en
1947. Elle en a été renvoyée pour son "dégoût de l'effort"
et " manque de spiritualité". A 10 ans, elle
écrivait des pièces et des poèmes. A 13 ans, elle lisait
Cocteau, Camus, Sartre, Rimbaud, Proust. Elle signait Sagan
(pseudonyme inspiré de la princesse de Sagan dans "A la Recherche
du temps perdu " de Proust) en publiant, en 1954, son premier roman
“Bonjour tristesse”. Elle a commencé à la
Sorbonne des études de lettres qu'elle n’a pas poursuivies.
Elle pouvait aimer des hommes qu'elle quittait un jour.
Elle a été mariée deux fois. La première, avec
l'éditeur Guy Schoeller, en 1958, et la seconde, en 1962, avec Bob
Westhoff, un cover-boy américain dont elle a eu un fils, Denis.
"Il faut savoir être douce avec les homes",
expliquait-elle. Ce sont de grands enfants, de grands lapins.
Il faut les prendre par la peau du cou et leur parler
gentiment". A ses maris elle préfèrait ses amis,
intellectuels, bringueurs ou politiques (de gauche).
Sagan et Mitterrand. Leur amitié a éclaté
un jour de l'hiver 1985. Le président a emmené la romancière en
voyage officiel à Bogota. Une maladie pulmonaire l'a foudroyée à 2
600 mètres d'altitude. C’est pourquoi elle a séjourné deux semaines
en soins intensifs à l'hôpital. Mitterrand l’a réconfortée:
"La prochaine fois, je vous emmènerai dans un pays
plat." Ensemble, ils parlaient de littérature. Presque jamais
de politique. Mais plutôt qu'à Saint-Tropez, c'est à Cajarc qu'elle
passait le mois d'août. Rituellement, François Mitterrand rendait
visite à l'écrivain sur les bords du Lot. "Elle est tout
simplement saganesque", commentait Mitterrand à son propos.
Lecteur assidu de l'œuvre et fasciné par une personnalité qui
correspondait sans doute à l'idée qu'il se faisait de la vie et de
l'être humain, il la conviait régulièrement dans le cercle de ses
amis littéraires et dans ses déplacements.
Sagan et Sartre. Sartre, elle l’appréciait
beaucoup: “Je l'aimais énormément. Comme écrivain, bien sûr -
Les Mots, c'est admirable - mais aussi comme homme. C'était
quelqu'un d'exceptionnel. Alors qu'il était devenu aveugle,
j'allais souvent le chercher chez lui pour déjeuner ou dîner”.
Elle rencontrait le vieil homme sur le seuil d'une maison close,
rue Vavin, à Paris, s'amusait de tout et de rien en sa
compagnie. “Simone de Beauvoir le surveillait de près, alors on
se sauvait tous les deux sur la pointe des pieds en riant. Parfois,
elle arrivait et nous surprenait, avec ses cheveux dressés en l'air
comme si elle sortait de Psychose d'Hitchcock! [Rire.] Elle me
faisait très peur, mais lui ne la voyait pas et il rigolait. Il
était vraiment très très drôle”. Il l'appelait «mon
espiègle Lili». A la Coupole, où ils déjeunaient en tête à
tête, Sagan lui coupait sa viande. "On parle comme deux
voyageurs sur un quai de gare qui ne vont jamais se
revoir", notait-il un jour en exergue de leur amitié. Sur
le trottoir, de peur qu'il ne tombe, elle le tenait par la main. Et
Sartre la tenait par l'esprit.
En ce qui concerne sa vie, elle ne disait pas
qu’elle l'avait réussie. “Mais j'ai réussi à faire ce qui me
plaisait: vivre en écrivant. Evidemment, je n'ai pas réussi à
écrire un livre du niveau d'A la recherche du temps perdu. J'ai
même piqué mon nom [Sagan] à Proust! [Rire.]”
“Le bonheur est simple s'il n'y a pas besoin de
beaucoup pour être heureux. Déclarer que la santé, c'est le plus
important, cela fait un peu idiot, mais c'est vrai. Ce qui compte
surtout, c'est d'être d'accord dans sa vie, dans la
vie”.
En ce qui concerne la notoriété, “ ce
n'est pas pour moi l'essentiel. Ce qui m'importe, c'est d'être
crue. Ainsi, quand je parle à la télévision dans le cadre d'une
émission littéraire, ce qui m'arrive heureusement rarement, je dis
toujours ce que je pense et je sais que les gens me croient. C'est
très agréable comme sensation”.
“La célébrité vous fatigue très vite de vous",
avouait-elle vers la fin de sa vie. Il lui est arrivé de se cacher
derrière sa légende comme à l'abri d'une voilette. Pour mieux
dissimuler l'autre Sagan, la provinciale, la discrète, l'enfant de
Cajarc qui aimait, par-dessus tout, retrouver cette campagne où le
temps n'avance qu'au ralenti. «Il faut des heures et des heures
pour y parvenir et, si l'on n'y est pas né, on s'y ennuie.» Elle
pouvait s'y abandonner des semaines à la lecture.
Sagan avait une sainte horreur de la grossièreté. Au comble de
l'agacement, elle explosait d'un terrible «Flûte!» Sa conversation
était peuplée de mots élégants. Quand les événements ou les gens ne
lui plaisaient pas, la sanction tombait, toujours la même:
"C'est la barbe..."
Sagan etait généreuse. Trop généreuse. Elle aimait les gens
naturels, simples. Elle a commencé par dépenser les fortunes
qu'elle avait gagnées. Puis elle a dilapidé les avances qu'on lui
consentait sur ses prochains ouvrages. Un de ses amis se
souvient du petit coffre en bois qui trônait dans le salon de son
appartement, rue Guynemer. «Elle y mettait tout le liquide
qu'elle possédait et les gens se servaient.» Une lectrice lui
a écrit pour lui expliquer qu'elle vivait un drame. Son mari
l'avait plaquée pour une autre. Elle voulait à tout prix le ramener
à la maison. La lettre était accompagnée de sa photo. Sagan lui a
aussitôt expédié un mandat.
Elle s'est toujours moquée des conseils, sauf de celui-ci, qui
lui avait été intimé par son père un an après la parution de
Bonjour tristesse. L’éditeur venait d'apprendre à la jeune
romancière qu'elle avait 500 millions d'anciens francs devant elle:
«A ton âge, c'est dangereux, avait tranché Pierre Quoirez.
Dépense-les!» Elle s'y est employée avec ardeur: «J'ai
invité 30 personnes à venir passer l'été à Saint-Tropez. Ça a duré
cinq ans. Jusqu'au jour où j'ai été couverte de dettes.»
Elle aimait les décapotables anglaises, elle avait une
passion immodérée pour la vitesse «qui aplatit les
platanes au long des routes et décoiffe les chagrins».
Elle aimait le jeu, les casinos, les courses de chevaux et tout ce
qui aide à croire que la vie peut ressembler à de grandes vacances.
On la confondait avec les héroïnes de ses romans. L'opinion
publique la prenait pour emblème d'une jeunesse désenchantée qui
noyait sa depression…
C'est pour vaincre sa timidité durant les interviews que Sagan a
découvert l'alcool. Un whisky ou deux avant d'affronter l'épreuve.
L'ennui, c'est que les journalistes défilaient du matin au soir. La
drogue, elle aussi, est entrée dans sa vie par un accident de
voiture en 1957; qui a failli lui coûter la vie. Pour calmer la
douleur on lui a injecté des doses de morphine: elle a passé six
mois à moitié endormie sur un lit d'hôpital. Seule la morphine a
parvenu à étouffer la douleur. De cette longue nuit, elle ressort
en miraculée. Valide, mais accro. Les mythologies les plus
encombrantes reposaient toujours sur des malentendus. Sagan
laissait faire. Sagan laissait dire. «J'ai trop entendu parler
de moi pendant des années pour m'intéresser à ce que je suis»,
dira-t-elle plus tard.
Elle avait des problèmes avec les impôts: «Des micmacs
invraisemblables auxquels je ne comprends rien...» Son
fils Denis Westhoff raconte: “ En juillet 1995 , elle a subi un
contrôle fiscal… Ma mère a été condamnée à un redressement de 4
millions de francs, correspondant au montant détourné au fisc. Le
problème, c’est qu’en 1996-97, tous ses comptes ont été saisis à la
source, directement chez les éditeurs. Elle s’est donc trouvée
privée de tout revenu, elle touchait à peine 500 euros par mois
pour vivre…”
Malade, ruinée, plus présente à la chronique judiciaire qu'à la
rubrique mondaine, elle a vendu ses biens, s’est faite héberger par
ses amis et doit sa liberté à des protections politiques. En 1998,
elle a publié son dernier livre "Derrière l'épaule". En
dehors de ses fans, il passe inaperçu.
Ces dernières années, Sagan n'était plus tout à fait Sagan. Ses
os se brisaient pour un oui ou pour un non. Elle avait subi une
opération à la hanche, très lourde, et ne se déplaçait plus qu'avec
des béquilles ou en fauteuil roulant. Elle ne parvenait plus
à écrire. Quand elle n'était pas à l'hôpital, c'est qu'elle était
dans les prétoires. Beaucoup de ses amis étaient morts et l'époque
ne lui disait plus grand-chose.
Mais son meilleur rôle, c'etait le stylo à la main qu'elle
tenait. Elle a pensé à écrire
assez tôt à l’¨âge de 12-13 ans, dès qu’elle a commencé à
lire sérieusement.
“Oui, je m'intéresse surtout à l'amour, mais comme à une des
choses directement liées à la solitude, j'aime ce réflexe tendre
chez les gens, on se cache la tête sous son aile. Mais ce qui
m'intéresse, c'est surtout la solitude.”.
“J'aimerais écrire de très bons livres. Oui, c'est une vraie
ambition: il y a tout un côté de soi-même rassuré par le succès. On
a fait quelque chose et la vie est d'accord”.
Sagan parlait de ses romans comme de bolides parfois capricieux au
démarrage. «Au début d'Un peu de soleil dans l'eau froide, j'ai
buté sur le personnage féminin, que je ne parvenais à définir, et
puis vroum... Tout est parti d'un seul jet.»
Quand on lui demandait son passe-temps favori, elle repondait: «Exactement ça: laisser passer le temps.» Elle mentait en baissant les yeux comme une collégienne. Sagan brûlait du besoin de noircir des pages. Elle écrivait la nuit, allongée dans sa chambre, sur un cahier d'écolier.” Quand j'ai mon sujet qui trotte dans ma tête, je peux écrire douze heures de suite. Et puis quand c'est fini, je suis triste, je me sens orpheline. Mais je ne peux écrire que lorsque je suis heureuse, bien dans ma peau… Ecrire est la seule vérification que j'ai de moi-même, dit-elle. J'ai toujours l'impression d'aller à un échec relatif. C'est à la fois fichu et gagné. Désespérant et excitant.» Elle publiait un roman tous les deux ans. Un certain sourire, Dans un mois, dans un an, Aimez-vous Brahms. La romancière a méprisé les ordinateurs et les injonctions arrogantes du langage électronique. «On me dit: «C'est génial, tu peux déplacer les paragraphes...» Mais moi, quand j'écris un paragraphe, il est à sa place!»
Ce matériel sur F.Sagan est préparé d ‘après les
articles de presse
française:
"Sa dernière interview à L'Express" par Alain Louyot (2004);
"Lue par Mauriac" par F.Mauriac (2004); "Bonjour Sagan" par
F.Busnel (2004); "Cette femme n'était pas faite pour vieillir" par
O.Le Naire (2004); "Elle avait cette grâce de ne jamais se prendre
au sérieux" par J.-S. Stehli (2004); "Une romancière pop" par
D.Rondeau (2004); "Face au prince, une petite fille" par
J.Attali (2004); "Une plume de cinéma" par M.Grisolia (2004);
"L'oeuvre de ma mère est menacée de disparition" par G.Lemenager
(2004); "La dépêche du midi" par P.Jalabert
(2004).
REPONDEZ (vrai ou faux):
- Elle est issue d'une famille où l'on n'aimait pas l'humour.
- Ses parents ne l'aimaient pas.
- Elle a terminé ses études à la Sorbonne.
- Sagan et Mitterrand parlaient souvent de littérature.
- Sagan n'aimait pas Sartre.
- La notoriété était l'essentiel pour Sagan.
VOCABULAIRE
- Accro - relative au toxicomane
- Bolide(m) – véhicule allant à grande vitesse
- Bringueur(m) – celui qui aime faire la bringue ( fête entre amis)
- Buter sur – heurter contre un obstacle
- Claquemuré(e) – être enfermé chez soi
- 6.Complaisance(f) – désir d'être agrèable
- Convier – inviter
- Décapotable(f) – voiture dont il est possible de déplier et replier la capote
- Eminent(e) – remarquable
- Encombrant(e) – qui gêne, pèse
- Espiègle – coquin, celui qui est malicieux et vif
- Fichu(e) – detruit, perdu, mal arrangé
- Fiscal(e) – relatif à l'administration des finances publiques
- Flamboyant(e) – qui brille avec éclat du feu
- Flûte – interjection de dépit
- Manoir(m) – ancienne et vaste demeure
- Micmac(m) – affaire embrouillée
- Montant detourné – somme cache
- (un pays) plat – sans relief
- Prétoire(m) – sale d'audience d'un tribunal
- Redressement(m) – compte
- Saccadé(e) – brusque, irregulier
- Trôner – occuper la place d'honneur
- Usufruit(m) – droit de jouir d'une chose